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Ray Minami Elève

 Age : 17 Inscrit le : 11 Mai 2008 Messages : 102 Emploi : Lycéen Sexualité (Hétéro, Bi, Homo ... ?) : Bisexuel Fait généralement x lignes : tout dépend du Rp-giste devant moi bien sur... Infos supplémentaires Sexualité: Bi Plutôt ...: Variable Situation: Célibataire
| Sujet: Venus In Furs [Pv] Lun 12 Mai - 5:28 | |
| Venus In Furs
Le vent froid de l’hiver régnait sur le pensionnat de Ryoosei. Il se mouvait tranquillement à travers la plaine, unique être osant rompre le silence ambiant. Il se diffusait en répandant tout autour de lui une mélopée douce et envoûtante, que seuls pouvaient et savaient entendre les poètes. Le savant, quelque soit l’étendue de sa science, ne pourra jamais parler au vent ni entendre ce que celui-ci lui dit. La conversation du vent est réservée depuis toujours aux âmes tourmentées, celles parties depuis longtemps vivre en exil sur Saturne, la planète des mélancoliques. L’écho des souffrances du monde est contenu dans la parole du vent, et c’est en ceci qu’elle est depuis toujours essentielle.
L’herbe rase de la campagne est perlée d’eau, témoignant de la pluie battante d’hier. Elle s’étant à perte de vue sur la plaine, craquant à chaque pas. La Terre est un élément, qui contrairement au vent, ne murmure point à l’oreille des hommes. Brut et forte, la Terre, foulée depuis des temps immémoriaux par les hommes n’a encore laissé paraître aucun de ses mystères… La Terre est depuis toujours dominée par le Serpent. Le Roi. Les reptiles étaient les premiers. Un seul homme a un jour tenté de chevaucher le Serpent, pour traverser le lac antique. Il a depuis gagné le titre de « Roi Lézard ».
D’ores et déjà, le jour se lève. Le Soleil émerge lentement, paresse, tergiverse. Il répand la lumière lentement, ses rayons se propagent petit à petit dans la campagne. Son réveil annonce un renouveau. Et un jour de moins dans l’existence des hommes déjà vivants. Aux premières lueurs de l’aurore, la vie se consume savamment telle une cigarette, et ce dès le premier jour. Ca y est. Le soleil s’est à présent entièrement déployé dans la plaine et embrasse de son hameau de lumière chaque forme autour de lui.
Les grands chênes entourant l’enceinte du Pensionnat paraissent à présent légions, enfin révélés par la lumière. Massifs, noueux, et terriblement imposants, le Vent les déshabille savamment de leurs feuilles, à la façon dont l’amant dénouerait la tunique de la pucelle pour la première fois. Une béatitude totale a pris possession de la Plaine. Les sombres rayons de la Lune ont déserté l’endroit, mais l’on peut affirmer sans nul doute qu’ils reviendront la nuit prochaine pour à nouveau hanter l’endroit.
Comme chaque élément d’un matin dans la nature pure et profonde est progressif. Les abeilles sortent peu à peu de leurs ruches et commencent à décrire un vol martial, sans but apparent, tournant autour du chêne. Les oiseaux sortent peu à peu de leurs nids. Certains se mettent à chanter. Alors, le vrombissement de leurs cris respectifs s’associe pour produire cette sonorité si typique de l’aurore… Comme la venue d’un enfant au monde, une atmosphère entière émerge peu à peu pour former un tout dont la magnificence, à force d’être vue chaque jour, finit par nous échapper à tous. Sauf au poète. Celui qui n’oublie jamais la beauté, et que la sensibilité extrême à toute chose élève à un rang bien plus haut que celui du savant. Tel est le poète.
Ray caresse du bout du doigt la fenêtre de verre, observant d’un œil passionné la beauté du monde même, le vrai. Lou Reed lui-même, New-yorkais narrant habituellement si bien la tension de la vie dans la Cité n’exhortait il pas à « aller faire un tour du coté sauvage » ? Uniquement vêtu de son pyjama son pyjama représentant la face cachée de la Lune, il était éveillé quelques heures avant ses condisciples. Ceux-ci dormaient paisiblement, l’harmonie de leurs ronflements produisait à elle seule une ambiance dans la pièce. En total communion avec la Nature qu’il observait, il faisait corps avec chacun des êtres vivants de la Plaine et ne bougeait plus depuis une trentaine de minutes.
L’inspiration coulait à présent en lui comme l’eau coule en une rivière. Une rivière. Ou un lac Antique. Raymond se pencha et chercha véhément son style dans sa valise. Il le fourra dans la poche du haut de sa tenue de nuit, puis sortit de la pièce en trombe. Il descendit les marches des escaliers pieds nus, dévalait sans protection aucune les marches de pierres glacées du Pensionnat. Une fois dehors, il respira profondément puis s’assit à l’ombre d’un grand chêne. N’ayant pas de feuilles, il commença donc à rédiger quelques vers sur son propre bras. Sa chair pâle accueillit son flot d’inspiration si soudain.
Le temps fila alors, la cavalcade des heures fut vive, si vive que le jeune homme n’avait que les prémices d’un poème sur la beauté d’une matinée d’hiver alors que l’heure des cours approchait. Il se leva donc et pesta contre il ne savait qui du fait qu’il n’était pas chaussé. L’allégresse ressentie lorsque la poésie, le plus majeure de tous les arts à ses yeux, l’envahissait ainsi, qu’il ne pouvait faire autrement que suivre son instinct le plus primaire. Ray se mit à courir pour rallier l’établissement le plus vite possible. Bien sur, pour une raison qui lui était encore étrangère, plus de la moitié des élèves du Pensionnat Ryoosei manquaient continuellement les cours, mais malgré cela, assister aux cours lui semblait tenir de l’évidence absolue. Il était donc hors de question de devenir un élève lambda.
Arrivé dans son dortoir, il enfila rapidement un paréo aux motifs psychédéliques, un pantalon de cuir noir, des bottines et une large ceinture en forme d’anneaux colorés. Sans prendre la peine de faire quoi que ce soit pour tenter de rendre sa chevelure moins folle, le jeune « Diamant Fou » prit son sac en bandoulière, et sortit rapidement de la chambre, laissant seuls les derniers retardataires et le reste de ses camarades de classe dormant encore, qui du reste, n’étaient que ses camarades, pour la bonne raison qu’ils n’allaient jamais en classe. Avec l’agilité de la plume de Baudelaire, il apparut en classe avant que le cours ne débute.
L’emploi du temps de Raymond fut comme à son habitude scindé entre des cours qui l’intéressaient véritablement, en majorité des matières Littéraires, comme les Lettres Classiques ou le Français, et des cours qui n’attisaient chez lui pas la moindre once d’intérêt, comme le Dessin ou encore l’Anthropologie… Entre ces deux carcans, se trouvaient l’Education Sexuelle, cours pouvant se révéler passionnants ou soporifiques. Ce jours là, la classe fut animée par un virulent débat, les rapports sortant des normes considérées par les amants moyens. La question du sado-masochisme ne fut abordée qu’en coup de vent, mais à la simple évocation de cette expression, l’esprit de Ray s’exalta. La relation privilégiée qu’il tenait avec la douleur lui revint à l’esprit avec violence. Ces longues nuits de débauche, et de souffrance synonyme de plaisir… Des ombres dansant autour de lui, alimentant le filtre d’une relation moche et orgiaque…
Il se souvient maintenant… Une Vénus en fourrure dont il lèche les bottes luisantes… La lumière rouge des néons qui l’aveuglent… L’apologie même de son mal-être exprimée sans la moindre retenue… Ses souvenirs prennent place avec une brutalité sans nom dans l’esprit de Ray, et recommencent à le tourmenter. Il ressent à nouveau les effets de ses antiques maux… Un sourire se forme alors sur son visage. Ray chérissait profondément ces pratiques. D’une manière ou d’une autre, elles doivent refaire surface dans sa vie. Le son binaire du fouet primordial le fait jouir. Il quitte le cours d’Education Sexuelle totalement différent de la manière dont il y était entré.
Durant la récréation, il est tendu, la sueur colle à son paréo acide, il sent sa tête se taillader progressivement... S’il s’était trouvé à Tokyo durant une de ses crises de manque, il aurait facilement pu satisfaire ses désirs en allant payer une vieille catins désespérée aux idylles mortes depuis bien longtemps… Cependant, il était à présent à Ryoosei, campagne pure, au milieu d’une très petite ville… Mais il devait se sentir comme il se sentait auparavant. Ses yeux sortaient à présent de leurs orbites et regardaient, hagards tout autour de lui. Sa gorge était sèche et ses membres commençaient peu à peu à se crisper… Pitoyable vision q’un garçon de 17 ans tremblant de tous ses membres tel un accro aux drogue qui n’aurait pas sa dose… Des images sombres se bousculent dans son esprit… Ainsi donc, son vice le plus noir avait décidé de recommencer à le ronger maintenant.
A la sonnerie de la cloche, les quelques élèves suivant les cours rentrèrent dans le bâtiment. Ray resta dans la Cour, affalé près d’un buisson… Il se releva avec peine. Repensant chaque de plus belle à l’électrochoc qui avait sans doute ruiné sa vie. Le jeune homme fouilla machinalement son pantalon en cuir,et y trouva quelques billets de 5000 yens. Il allait tenter le Diable.
Son corps le poussa à une course effrénée. Ce genre de réaction subite par l’interaction du subconscient et d’une très puissante envie. Il traversa la forêt en une dizaine de minutes, animé par une volonté surnaturelle, courant au hasard vers un objectif inconnu, tel une loque. Le paysage autour de lui changea alors du tout au tout en à peine quelques minutes. De la vaste Cour sauvage du Pensionnat Ryoosei, il passa à une véritable jungle de béton. L’homme annihilait-il donc chaque Terre à l’Etat d’esclavage ? Ne respecterait-il donc jamais la nature ? Sous peine de s’attirer la colère du Roi Serpent ? Sans aucun doute. Cette interrogation passa à toute vitesse dans l’esprit de Ray, qui la clôt relativement vite, du fait qu’il avait d’autre chose à penser.
De plus, il n’était à l’heure actuelle que l’ombre de lui-même, cherchant avec résignation une pute pas trop chère… Il ne représentait plus le poète dans toute sa splendeur, admirable et admiré, mais un déchet pathétique et tourmenté. Un poète maudit. Le stéréotype du poète maudit. Il s’arrêta brusquement devant un bar à l’enseigne clinquante. Les formes se faisaient de plus en plus vague, il était livide. Ray pénétra la Taverne en peinant à marcher. Lorsqu’il parvint à s’asseoir devant l’homme qui prenait les commandes, son esprit était saturé et son corps lui rappelait le contact des électrochocs… Après quelques minutes à reprendre son souffle, il demanda au serveur s’il n’avait pas de catins à lui proposer ou un quelconque instrument de torture. Aussi, on comprend aisément que l’homme ait ouvert des yeux ronds et lui ai répondit en balbutiant qu’il n’était pas de ce genre d’établissement. Soupirant, Ray se contenta de lui demander une dose d’alcool conséquente pour vomir pendant une semaine. …
Il but chaque bouteille de Whisky à même le goulot, et les vida toutes d’un trait, lui à qui l’alcool n’était pas coutumier. Raymond perdit connaissance à la neuvième. Tombant affalé sur le bar. Personne ne part s’en soucier si bien qu’il se réveilla quatre heures plus tard, dans un état proche de la catalepsie… Puant l’alcool, la vision trouble, les réflexes ralentis… Il se mouvait difficilement, mais étrangement, se sentait soulagé du manque terrible auquel il avait du faire face tout à l’heure…
Il quitta l’endroit miteux le cœur moins lourd, mais l’intellect profondément embrumé par l’alcool. Le vent de l’hiver le frappait durement, si bien qu’il retrouva un état presque décent après une bonne dizaine de minutes de marche. L’horloge marquait quinze heures et trente minutes. Retourner au Pensionnat maintenant ne lui semblait pas la bonne chose à faire. Ce qui venait de lui arriver était bien trop marquant. Jamais il n’aurait cru être dépendant à ce point des pratiques sado-masochistes. Les désastreuses cures clandestines contre sa bisexualité avait eu un effet irréversible sur lui : Il était obsédé par la souffrance, son cerveau l’ayant assimilé comme un rituel essentiel. Au-delà d’une simple frustration, il risque de mettre son corps en péril.
Alors qu’il marchait sans but véritable, Ray ruminait de sombres pensées, pensait à son serment d’allégeance éternel à la Vénus en fourrure, à la senteur de ses bottes qu’il avait si souvent baisées… Sa vie prend un virage fort déplaisant, et ses chances de s’en sortir sont bien maigres... Une nouvelle fois, ils sent que ses rêves, à défaut de grandir, décroissent, pour devenir, sans qu’il s’en aperçoive, inexistants. « Il voit la lumière mais ne peut pas la toucher… ». Il est l’Inconsolé, le Ténébreux, condamné à jamais à un cœur qui saigne abondamment. L’œil torve, les cheveux au vent, il marche seul sur la route, comme pour mieux prouver que l’humanité même l’a oublié comme un chien… Il suit une route sinueuse qui conduit normalement vers l’autre bout de la campagne, à l’extrémité de la ville, mais qui pour lui, n’est qu’un raccourci destiné à le mener en Enfer. …
Arrivé dans les Jardins de la Ville, il ne prend pas la peine d’observer la nature autour de lui. Il s’affale sur un banc et ferme les yeux. Soudain, l’inspiration. Dans un moment aussi cryptique. Il saisit son style dans sa poche, et se met à écrire sur l’autre partie de son bras. Cette fois, il ne s’agit nullement d’une ébauche. C’est LE poème, dont les vers lui vienne naturellement.
Il s’appelle « Venus In Furs »…
Dernière édition par Ray Minami le Lun 12 Mai - 12:20, édité 2 fois |
|  | | Drakon Blackbird Elève

 Age : 17 Inscrit le : 11 Mai 2008 Messages : 136 Emploi : Etudiant Sexualité (Hétéro, Bi, Homo ... ?) : Hétéro Fait généralement x lignes : Entre 20 et 100 (rp spécial possibilité d'aller au délà de 200) Infos supplémentaires Sexualité: Hétéro Plutôt ...: Variable Situation: Célibataire
| Sujet: Re: Venus In Furs [Pv] Lun 12 Mai - 5:58 | |
| Nuit étrangère au jeune homme qui s'avance au milieu des ombres ; pâle Lune qui accompagne ses pas. Même à l'autre bout du monde, elle veille depuis toujours de ses rondes formes sur lui. Et le bruissement frêle des arbres sifflant à ses oreilles lui adoucit l'esprit. Il aime cette tendresse naturelle et immuable, cette sensualité dans le mouvement des feuilles que le vent élève pour mieux jeter dans le vide stellaire et éternelement noir du ciel. Il a quitté tout cela pour le retrouver dans un endroit jusqu'à ce jour inconnu, et aujourd'hui son coeur pleure encore. Son esprit revient sur les fait ; les même feuilles virevoltaient dans l'air lorsque son père s'est écroulé dans un dernier soupir, et il se remémore, toutes ces autres nuits à hurler de douleur, à baiser le sol de ses lèvres, le blamant de n'être pas mort quelques années auparavent. L'adolescent laisse tout de même ces sombres pensées de côté, sa nouvelle famille croit en lui, et même si lui ne croit en rien, il ne doit rien laisser l'écarter de son but ; ni la nostalgie d'un temp court et douloureux, ni la haine qui le saisit de n'avoir jamais rien pû faire d'autre que gémir.
Alors il observe les arbres se trémousser dans les bras d'un vent printannier et nocturne, ses yeux saisissant le moindre de leur mouvement. De nombreux lampadaires à la lumière brutale ornent la petite avenue qui traverse son campus, lui permettant d'observer chaque détail et geste de cette vie nouvelle. Pourtant il préfèrerait ne voir que la Lune, et la nuit envahissant les jardins, plutôt que ces éclairages électrique et automatisé, détestables pour un garçon amant de la nature tel que lui. Mais voila la fatigue qui pointe le bout de son nez, fièrement portée sur son obscur destrier, et coupable des pires crimes envers l'humanité. Elle l'abat de sa lame tonitruante, et le force à se plier au creux d'un banc de bois salit par les années. Vaincu et se blotissant contre ses lattes douloureuses et craquantes, il courbe la nuque vers l'arrière et pose son regard vers l'inconnu. Vers l'invisible, vers l'éternel ; il le scrute tel un marin admirant l'horizon, et ses yeux s'évade dans ce dernier.
Soudain une lumière blanche et puissante le réveille, mais bien plus brulante que celle électrique qui lui grillait les yeux quelques instants auparavant. Ses paupières s'entrouvent et il aperçoit la boule lumineuse juste au milieu du ciel, le dominant d'une bonne distance qu'il ne saurait évaluer au vue de sa gueule de bois. Son visage reprend sa position normale, et se frottant les yeux, il essaie de se rappeller où est t'il. Les souvenirs lui reviennent bien vite, il se remémore soudain son arrivée par avion, sa visite de quelques lieux de Ryoosei ainsi que du campus scolaire, mais aussi sa nuit passée sur un banc du parc. Jetant un regard à sa montre, un stress soudain s'empare de lui en constatant qu'il ne lui reste plus qu'une dizaine de minutes avant le début du sixième cours de la journée. Laissant un sourire d'exaspération s'échapper de ses lèvres, il n'hésite pas à prolonger son école buissonnière, comme apparement beaucoup d'autres élèves du pensionnat ! En effet les jupettes et pantalons lisses japonais voletant sous ses yeux ne font que lui prouver la moindre importance des cours au sein de cette institution.
La douceur du tableau l'empêche de se lever, il préfère rêvasser devant cette jeunesse refoulée, devant l'étendue verdoyante des jardins, devant ces fragiles bourgeons au bord de l'éclosion, attendant juste un coup de vent pour choir au pied de leur géniteur. Même si aucun sourire ne vient orner son visage pâle et absent de tout sentiment, son coeur chante à la vue de tout ce bonheur. Si seulement lui aussi était heureux... si seulement son âme était comblée, autrement que par un regard de douce jeune fille, autrement que par un ciel constament souverain. Et ce regard, et ce ciel, il l'a. Il sent le banc trembler lorsqu'un postérieur où flotte une jupe courte et plissé s'asseoit à côté de lui. Une jolie Japonaise aux cheveux blonds et aux yeux bleus comme l'enfer croise maintenant doucement les jambes, au point qu'il peut presque les caresser, et il ne peut résister à ce charme si occidentale qu'il ne conaissait pas depuis lors. Plaisir charnel et sensuel absent de sa vie, l'amour n'a jamais eut l'audace de toucher sa vie, pourtant à une époque ç'aurait pu être la seule chose sauveuse de son coeur.
Jetant un regard inerte aux cuisses rosées par le soleil de sa voisine, il se fiche de savoir si celui-ci est remarqué ou non, mais ne se gêne pas le moins du monde ; après tout il paraît que les Japonaises sont friantes des Européens. Pourquoi ne pas tenté sa chance avec l'un d'elle, surtout si celle-ci est d'une remarquable beauté ! Mais malheureusement la belle se lève, emportant avec elle les rêves tendres du jeune homme, et le laissant par la même occasion seul avec ses pensées bien plus noires et sauvages. Il ne lui suffit que de quelques minutes pour à son tour se lever : hier la visite ne fut pas très concluante, plusieurs endroit ayant semble t-il été oublié d'être précisé à Drakon par la guide. Ses pas sont lent, ses yeux fouillant les élèments qui l'entourent à la recherche de repères, mais il n'en trouve aucun. Tout est trop rapide ; il a laissé avec ce voyage une partie de sa vie, et une nouvelle s'offre à lui. Pourtant il ne sait pas... doit t-il commencer sa réhabilitation maintenant ? Doit t-il recommencer à vivre maintenant ?
Au loin il aperçoit l'allée traversée la veille, première image d'une école à l'allure accueillante et pourtant si éloignée de tous ses désirs... La regardant sans pouvoir la traverser, il fait demi-tour, giflant le vent pour l'avoir mener ici de sa main libre. Et enfin, il peut fixer les grands batiments blancs de ses yeux profonds et bleutés. Ne connaissant que trop peu l'organisation de ceux-ci, c'est dans l'espoir d'y trouver un self où autre lieu de rationnement qu'il pousse la grande porte de métal immaculé et entre sur le sol dallé et frais du Hall. Tout d'un coup une vague fraiche et parfumée l'embaume et parvient à ses narines habituées à la chaleur et à l'odeur de verdure règnant dans le parc. Surpris par cette douceur le plongeant dans un état de béatitude presque total, il ne peut s'empêcher de reposer son derrière sur une des chaise collée au mur de graie de cette salle d'accueil. Ses rêves le reprennent, tant qu'il laisse ses yeux se fermer en penchant la tête en arrière. Mais soudain, parmis les tendres fantasmes lui embrumant l'esprit, il entrevoit celui d'un magnifique repas familial, et son but lui revient à l'esprit.
Ses jambes le porte mollement à travers les couloirs tous à l'aspect plus richissimes les uns que les autres, et, effleurant de sa main droite les meubles classieux, il continue d'avancer au sein de ce pensionnat lui apparaissant comme de plus en plus luxurieux. Bientôt d'autres portes commencent à apparaître, et sans en pousser une seule, l'odeur l'attire à la fin d'un des nombreux couloir du batiments, devant une pièce ouverte et où semble déjeuner des dizaines de jeunes adolescents de son âge. Entrant brusquement dans la pièce, c'est avec surprise qu'il voit une masse de regard se poser sur lui, et pourtant il cherche mais ne trouve pas la raison de cet étonnement général. C'est seulement en s'asseyant à une table vide qu'il voit enfin la chose qui cloche chez lui : toujours torse nu, son seul habit est un caleçon colorée et hawaien, ridicule pour l'occasion. Enfin les rires deviennent audibles et compréhensibles, mais malgré tout il ne rougit pas, sa fierté lui permettant même de se relever pour se servir à manger et revenir à sa table, digne devant cette foule de tête inconnues.
Après quelques minutes, il n'est enfin plus seul. Il semble que son ridicule ai attiré des gens ; en effet plusieurs personnes rejoignent sa table, lui posant des questions sur ses origines et la raison de ton internement ici. Répondant dans un Japonais hésitant et pourtant parfait, il glisse quelques mots au groupe, leur expliquant sa vie en moins de quatre phrases, alors que celle-ci prend dans sa tête bien des centaines de pages. Plusieurs filles lui font face, et malgré l'intérêt que celles-ci semblent lui porter, ce dernier n'est pas réciproque ; trop de monde, trop de paroles proférées et de morceaux de vies étalés sur la table pour qu'il n'ose s'enivrer de leurs présences. Pourtant une nouvelle fois son regard se fait caressant, et croise un instant celui d'une des Demoiselle, cette dernière se mettant par la même occasion à rougir et à baisser les yeux. Terminant son repas, il salut ses nouvelles connaissances, les remerciant pour leur accueil bien plus convivial qu'il ne l'espèrait, puis prend la route du couloir qui s'étend devant lui, sans vraiment savoir où vont le mener ses pas.
La chaleur se saisit de lui à nouveau dès qu'il pose le pied hors du pensionnat, c'est donc avec une lassitude non dissimulée qu'il traverse le parc, échangeant des regards emplis de significations avec les jeunes filles allongées dans l'herbe courte et sèche qui s'étend à perte de vue. Un lac s'étale assez près de sa position, et aussi loin que son regard lui permet de voir, ce dernier semble ne jamais se terminer ; alors il décide d'y faire un tour, pour se rafraichir non seulement le corp mais aussi les pensées, se faisant avec le soleil aussi sombres que la nuit l'ayant emprisonné la veille au soir. S'apprêtant à plonger, il remarque tout de même quelque chose dans ce paysage enchanteur et naturel : un long fil plonge dans l'eau et un bouchon à son extremité flotte à la surface de l'eau cristalline et bleutée. Suivant du regard le trajet, il voit le vieil homme tenant sa canne à la main et secouant l'autre un grand sourire au visage.
Lui faisant lui-même un bref signe de la main, il se jette brusquement à l'eau, éclaboussant la berge du liquide transparent et frais. L'eau est bien plus fraiche qu'il ne le pensait au premier abord, et malgré sa surchauffe précédente, il ne peut s'empêcher de frissonner au contact de cette dernière, aussi froide qu'une douche glacée pensa t'il à l'instant. Nager un peu le réchauffe, et malgré la détente complète de ses muscles et de son esprit, il sent un regard le parcourir, se faisant presque insistant. Il se retourne et le vieil homme apparait dans son champ de vision, juste au bord de l'eau, sa canne à pêche et son panier à la main. Sa voix rauque et âgée prononce quelques mots, et aussitôt le jeune homme sort de l'eau pour le rejoindre. Prenant lui même une canne à pêche dans le cagibi de l'homme, il s'asseoit à ses côtés, dans une chaise de paille frêle quoiqu'assez moelleuse, puis jette sa ligne à l'eau, action dont le but demeure bien sur voué à l'échec au vu du fait que l'hameçon ne comporte aucun vers.
La discussion s'éternise, il ne sait où celle-ci va le mener. Quelques bourdonnements d'abeilles le ramène brusquement à la réalité, et il observe le vieillard occupé à lui détaillé les moindres évènements de sa vie. Instant saisit au gré du temp, la douceur du paysage lui calme les nerfs, et malgré l'envie de replonger dans l'eau bénite et glacé, il reste là l'oreille aux aguets du moindre son se distinguant de celui grave et lancinant de son compagnon. Et soudain le bruit d'une carpe se profile à son esprit, il se laisse bercer par le doux clapotis de l'eau, mais est bien vite réveillé par le vieil homme, semblant pour sa part avoir remarqué l'endormissement du jeune homme. En guise de réponse, celui-ci se lève, le salut d'une main, et se dirige de nouveau vers l'entrée du pensionnat. La petite expérience au bord du lac au moins a eut l'effet de le calmer encore plus, et la chaleur n'arrangeant rien, c'est dans un état second qu'il atteint enfin les dortoir bouillant des garçons.
Posant une main sur son pantalon, et l'autre sur la housse de sa guitare, il enfile le premier d'une main et harnache la seconde sur son dos de l'autre. Puis il redescend dans le sens inverse les escaliers, de son pas tranquille et posé, il croise des jeunes adolescents tous plus joyeux les uns que les autres, les jeunes filles se retournant sur son passage et les jeunes garçons lui portant un regard jaloux et envieux. Ses pieds nus effleure doucement l'herbe rèche du parc, et une nouvelle fois il trouve un endroit calme quoique assez peuplé. Sa main ouvre la fermeture de la house et la belle fender vient se poser par habitude contre sa cuisse pliée. De celle-ci sort alors un son si beau et si pur, qu'il en est difficile pour les habitants du parc de ne pas se retourner et voir ce jeune homme au torse nu et à la si mélodie. Accompagnant de sa voix le doux air de blues qu'il entame, il ne peut s'empêcher de fermer les yeux, rassemblant ses pensées et les transcrivant dans sa voix sensuelle et puissante. Il ne peut voir, pourtant il sait que le soleil entame sa débandade, terminant presque cette première journée passée à rêvasser et à penser au passé, et alors qu'il annonce une nouvelle rime, il sent enfin la chaleur s'éloigner, laissant place à un ciel rougeoyant et voluptueux. |
|  | | Ray Minami Elève

 Age : 17 Inscrit le : 11 Mai 2008 Messages : 102 Emploi : Lycéen Sexualité (Hétéro, Bi, Homo ... ?) : Bisexuel Fait généralement x lignes : tout dépend du Rp-giste devant moi bien sur... Infos supplémentaires Sexualité: Bi Plutôt ...: Variable Situation: Célibataire
| Sujet: Re: Venus In Furs [Pv] Sam 7 Juin - 10:39 | |
| Luisantes, Luisantes,Luisantes de cuir Girlchild de coup du lapin dans l'obscurité Venez dans les cloches, votre domestique, ne l'abandonnez pas Frappez, chère maîtresse, et traitez son coeur
Péchés duveteux des fantaisies de réverbère Chassez les costumes qu'elle utilisera Les fourrures d'Ermine ornent l'impérieux Severin, Severin vous attend là
Je suis fatigué, je suis las Je pourrais dormir pendant mille années Mille rêves qui me réveilleraient Différentes couleurs faites de larmes
Embrassez la botte du cuir brillant et brillant Cuir brillant dans l'obscurité Langue des lanières, la ceinture qui vous attend Frappez, chère maîtresse, et traitez son coeur
Severin, Severin, parlent tellement légèrement Severin, vers le bas sur votre genou plié Goûtez le fouet, dans l'amour non donné légèrement Goûtez le fouet, parlez en faveur maintenant de moi
Je suis fatigué, je suis las Je pourrais dormir pendant mille années Mille rêves qui me réveilleraient Différentes couleurs faites de larmes
Bottes brillantes, brillantes, brillantes de cuir Girlchild de coup du lapin dans l'obscurité Severin, votre domestique vient dans les cloches, SVP ne l'abandonnent pas Frappez, chère maîtresse, et traitez son cœur. [The Velvet Underground – Venus In Furs]
Tels furent les mots utilisés. Des soleils épars éclairaient avec douceur le visage d’un homme, ou d’un enfant, je ne saurais vous le dire. Sur son placide visage, pale et déformé par la détresse, une larme perlait, s’apprêtant lentement à quitter son foyer. Sur son bras se reflètent des mots noirs et ténébreux, mots d’un éternel Saturnien. Les pieds n’étaient pas accordés, et le poème ne rimait à aucun moment. Eléments anodins mais représentant en ce jour un indice important : sans le savoir, il venait d’écrire le poème suprême de la déjante sado-masochiste, un texte fondateur d’une littérature défoncée, accidentée, reprenant les bases de la Beat Génération de Kerouac pour la développer à l’état le plus pessimiste qui soit. Héritier direct de Gérard De Nerval et autres Ian Curtis.
Il leva les yeux au ciel. Sentit l’air vermeil lui caresser la peau dans un geste régulier. Vit le Soleil décroître peu à peu pour laisser place à la Nuit. Perçut le cri lointain de son âme endolorie. La Nature, était comme d’aventures calme et reposée, loin des tourments des hommes, si futiles et insignifiants. Le Vent, dans une lueur de bonté, vint lui susurrer quelques bons mots à l’oreille. Ray se releva, il se sentait mieux. Il se sentait comme expié de ses fautes par l’écriture. Après une intense relecture, il imagina…
*Un soir que je marchais au hasard, croyant que c’était un privilège de l’homme libre, l’âme bercée par une soirée d’ivresse, je traversais la nuit sous la voûte céleste. Au dessus de moi, des cauchemars étranglés luisaient dans les Ténèbres. Tout allait pour moi dans un monde oppressant. Soudain, pluie de grêle sur la Géhenne, je le sais, le Diable me suit dans le vil espoir de me tourmenter. Des formes dansantes s’agitent devant mes yeux. Une danse. Dangereuse. Macabre. Souillée. Hargneuse. Et j’en crève. Le Ciel est machiavélique, il se fait noir. La solitude m’oppresse et la rue devant mes yeux balbutie. Les formes s’estompent, se dérobent, me fuient.*
Réminiscences d’une vie antique dans la Cité. « Quand on est fatigué de Londres, on est fatigué de la vie »… Aphorisme de Samuel Johnson, qui s’appliquerait pourtant si bien à Tokyo… Ray se sentait à Ryoosei comme un poète en exil, alors qu’il aurait voulu être un clochard céleste… Les Cieux s’enflamment et rougeoient et au creux des nuages, des étoiles naissent, encore une fois.
Ray quitte le banc, et se passant une main dans les cheveux, il entend un chant. Primaire et bestial. On jurerait un Noir. La voix est en pleine osmose associée à une guitare. Une guitare rêche, lacérant chaque riff, violentant la mélodie, martyrisant les aigues. Et pourtant, la guitare parvient à conserver un son chaud, et doux, roulant littéralement aux oreilles comme un voilier sur l’Océan… Le joueur tisse un véritable édifice de sons, torchant chacune de ses parties avec une efficacité surnaturelle. Un jeu qui n’était pas sans lui rappeler un certain Jimmy Page… Associé à B.B King.
Il ne lui fallut pas bien longtemps pour démasquer qui osait commettre pareilles actions sur un territoire musical aussi vide que le Japon… Un garçon aux cheveux fous, les yeux opales, la main facile répand un peu de ses facilités guitaristiques aux quatre vents. Ray foule l’herbe paisible, petit craquement à chacun de ses pas, puis s’avance, intrigué vers le jeune homme. Les notes voyagent pour rejoindre les cieux, mais certaines touchent Minami en plein cœur. Une fois en face de lui, il s’assit paisiblement dans l’herbe et continue à le regarder jouer. Tay n’a jamais trouvé le Blues bien émouvant, mais celui-ci est joué d’une manière belle, symphonique, et semble presque, oserai-je moudre ? Influencé par la musique baroque… _________________ Les abords de la ville sont dangereux Chevauche la grand route du roi (lézard) Scènes étranges au fond de la mine d'or Chevauche la grand route vers l' ouest, bébé
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